La préhistoire

Pourquoi à Marche-les-Dames ?

Marche-les-Dames offrait de par son site des avantages considérables pour l'homme préhistorique, qui, comme nous le savons, vivait essentiellement de la chasse, de la pêche et de la cueillette.
Marche-les-Dames n'a pas la prétention d'être élevée au même rang que Goyet, Spy ou Sclayn car, jusqu'à ce jour, les recherches n'ont pas encore prouvé l'existence d'un habitat développé dans la localité.
A ce propos, l'archéologue namurois, Jules le GRAND-METZ avance l'hypothèse d'un habitat détruit (sans preuves toutefois).
En tout cas, les preuves ne manquent pas pour attester la présence humaine dans des temps reculés. Une visite au Musée Archéologique de Namur en convaincra le lecteur.

Reprenons les avantages qui ont permis à Marche-les-Dames de devenir un site préhistorique.

Premièrement, la présence de gisements abondants de silex dans la région. Ces gisements se situent entre Haigneau et Wartet, au Sud-Ouest de l'abbaye et de façon éparse dans la vallée de la Gelbressée et à Wartet.
Comme chacun le sait, le silex permettait de produire du feu et, taillé, servait à la fabrication d'armes et d'outils.

Deuxièmement, les rochers. Entaillés ci et là de petites grottes, ils permettaient de se réfugier en cas de besoin et pouvaient constituer un habitat périodique.

Troisièmement, le cadre géographique. Marche-les-Dames devait être à cette époque recouverte de bois et forêts renfermant le précieux gibier.
N'oublions pas la présence non négligeable de cours d'eau en dehors des temps glaciaires bien entendu.

Et enfin, l'escarpement du relief rendant facile l'apposition de pièges et autres guets-apens.

 

Petit historique des fouilles

Marche-les-Dames intéressa très tôt les archéologues. Ainsi, dès la deuxième moitié du 19e siècle, A. BENOIT, dans les Annales de la Société Archéologique de Namur, dévoile ses premières découvertes. En 1870, il s'associe au Prince d'Arenberg et ils reconnaissent une sépulture néolithique et un niveau de vie paléolithique.
La première synthèse de ces découvertes est à attribuer à E. RAHIR qui publie en 1931 les résultats de ses recherches. L'année suivante, Jules Le GRAND-METZ élabore une sorte de ligne du temps d'occupation du site. Aussi, c'est sur cet article que nous nous baserons pour la suite de ce chapitre.

 

La présence humaine

a) Le paléolithique (+/- 4 000 000 à 10 000 années avt J-C)

Entre -32 000 et -10 000, s'établissent des Aurignaciens, comme en attestent des grattoirs et autres outils trouvés dans la grotte de la Princesse, à 300 mètres, à l'Ouest du camp commando.

La glaciation se termine en même temps que la présence de Magdaléniens, vers -10 000 A.C.N.

Le climat devenant alors plus favorable, c'est sur les hauteurs que vont s'établir des nouvelles populations beaucoup plus nombreuses.
Nous entrons dans le Néolithique.

 

Le néolithique (+/- 10 000 à 2 000 années Avt J-C)

Cette période marque la sédentarisation de l'homme. Elle coïncide avec le début de l'agriculture et de l'élevage.

Ainsi, toujours dans les encavements des rochers, on y a découvert des sépultures et ossuaires. L'homme sédentaire vivait aussi de la cueillette. Sur la rive gauche de la Gelbressée, on a pu retrouver des quantités d'empreintes de feuilles et de fruits.
Une première tribu vint probablement s'installer vers -9 à -8 000 ans, on la rattache au groupe des Tardenoisiens, comme en témoignent les pointes de flèches et microlithes.
Cette tribu bâtit, à l'angle que forment les rochers à l'entrée de la vallée, quelques huttes construites en branchages et recouvertes de terre.
Vers la même époque, mais plus tard, s'installent des Campigniens dont l'outillage est fort évolué. Les Campigniens proviennent de la Hesbaye.

Par la suite, on assiste à un enchevêtrement de populations diverses résultant de nombreuses migrations. Malheureusement, le peu d'objets retrouvés ne permet pas une identification précise, si ce n'est les crânes retrouvés dans les sépultures qui permettent de les rattacher au Cro-Magnon (mais ceux-ci marquent la transition entre le Paléolithique et le Néolithique).

L'outillage

Lorsque celui-ci est de petite dimension et léger, il s'agit de pointes de flèche que l'on retrouve en bordure des rochers. On en conclut que l'homme est avant tout chasseur.
Lorsqu'il doit cultiver, ses outils sont plus volumineux. On les retrouve sur le plateau de Wartet. Aussi, nous-mêmes avons pu retrouver un racloir lors du creusement des fondations d'une maison rue Ardenne à Wartet.
Dès lors, nous pouvons penser que le défrichement de la commune a commencé à Wartet où quelques habitations ont dû exister (ce qui expliquerait notre découverte).
La vallée de Marche-les-Dames semble avoir été réservée à la chasse.

Nous ne pouvons clore ce point sans évoquer le respect des morts des populations néolithiques. Même si aucun élément ne nous permet de démontrer l'incinération des cadavres, des restes de repas (qui nous apprennent que le repas favori de nos ancêtres était les jeunes oursons), d'os d'animaux, des débris de poterie et quelques silex retrouvés dans les tombes, prouvent l'existence d'un rite funéraire et d'une croyance en la survie. Cette croyance en une vie après la mort est manifeste car on a retrouvé une lame de silex adhérent, par concrétion calcaire, à un maxillaire d'un jeune enfant.

 

L’âge du bronze (2 000 à 850 années Avt J-C)

Les objets en bronze sont assez rares dans nos contrées.
Ce qui ne signifie pas pour autant une densité moindre de population. C'est H. DEMEULDRE qui fait en 1928-1929, la découverte la plus importante : un habitat avec foyer datant de la fin de cette époque. Il y découvrit des vases, des objets en os et en ivoire. Ceux-ci sont exposés à l'entrée du Musée archéologique de Namur.

Signalons également une épingle à tête ronde découverte par J. Le GRAND-METZ.

 

L’âge du fer (-850 à la conquête romaine)

Là aussi, Marche-les-Dames présente un avantage : la présence de limonite. Elle fut exploitée sur le plateau Ouest comme en témoignent des dépressions creusées sur le sol attestant l'extraction de cette roche.
Sur ce plateau, on distingue de nombreux cercles de pierre dont la signification nous est inconnue.

Le point culminant du site, la Roche de l'Emphare, est barré par des levées de terre caractéristiques d'un refuge fortifié. Plus bas, dans un ravin, des débris d'animaux ayant servi, sans nul doute, de repas aux habitants du petit refuge.

Cette construction fortifiée et l'exploitation de la fonte de minerai prouvent l'existence d'une civilisation avancée.

 

Conclusion

Comme nous l'avons vu, la vie humaine à Marche-les-Dames a été particulièrement intense durant la Préhistoire. D'autant plus que le site permettait, non seulement à l'homme de s'installer, mais aussi d'y vivre.
La vallée de la Gelbressée et le bord des rochers servaient de lieu d'habitat et de chasse. Le plateau de Wartet semble avoir été rapidement destiné à l'agriculture et aux activités sédentaires.

Une fois de plus, la situation géologique a été prépondérante au développement de la vie : les rochers calcaires pour s'abriter; le silex, pour fabriquer outils et flèches et la limonite permettant les constructions en fer.

Ce qui fait dire à J. Le GRAND-METZ : "Un passé émouvant s'attache à ce site splendide".

En tout cas, Marche-les-Dames est l'un de ces lieux parmi les plus intéressant de la Préhistoire de notre pays même si ce point est souvent ignoré par le grand public.


Sources : www.marche-les-dames.be et brochure - L’histoire de la vallée de Marche-les-Dames, de la préhistoire à nos jours, Laurent Aidans, avril 1997, Les Amis de Marche-les-Dames et Wartet.
Auteur des fouilles : Marcel OTTE
Dessin : ©Marcel OTTE

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