L'habitat historique

LES TRACES AU NIVEAU DE L'HABITAT

La maison rurale la plus répandue en Wallonie est la maison élémentaire unifaîtière ou maison bloc.
Elle réunit sous un seul toit tous les locaux d’exploitation et d’habitation de l’entreprise agricole.

Nous pouvons ainsi distinguer deux types de fermes unifaîtières :

  • Les fermes bicellulaires comprenant un logis (reconnaissable du fait qu’il y a une cheminée) et une étable (comprenant le plus souvent une fenêtre d’étable, une porte d’étable et une porte de fenil).
    C’est l’habitation type du journalier.
  • Les fermes tricellulaires ayant, en plus du logis et de l’étable, une grange destinée à entreposer les produits de la récolte (essentiellement les gerbes de céréales) et les instruments de la culture (une charrue par exemple).
    C’est l’habitation type de l’ouvrier moissonneur, également appelé manouvrier agricole.

Jusqu’au milieu du 19e siècle, la ferme unifaîtière tricellulaire est construite selon des techniques artisanales avec des matériaux locaux.
D’une façon plus générale, nous pouvons regrouper les éléments architecturaux d’une ferme traditionnelle unifaîtère dans un schéma « type ».

Les caractéristiques

Notons que les trous de boulin sont percés dans la maçonnerie pour pouvoir fixer les pièces de bois horizontales d’un échaffaudage.
Une fois les éléments repérés, nous pouvons dater la construction d’une maison traditionnelle grâce au style architectural qu’elle présente. Les plus anciennes bâtisses de nos régions datent du 16e siècle. Cependant, n’oublions pas que certaines maisons portent encore la date de leur réalisation : soit celle-ci est taillée à même un linteau, soit celle-ci apparaît forgée sur l’ancre du bâtiment (comme c’est le cas pour la salle Bourguignonne ou encore le cas de la grange de la ferme des Dames à Wartet).

En dernier recours, nous pourrons nous fier sur le matériau de construction. La plupart des maisons traditionnelles sont fabriquées avec des pierres provenant de la localité.
Pour Wartet, nous citerons l’exemple du Château-ferme, de la ferme des Dames et de l’église Sainte Apollinne.
Un autre matériau souvent employé est la brique. Une brique fabriquée de manière artisanale cuisait dans des fours. Dés lors, la brique la plus proche du foyer et donc soumis à une température plus élevée, se caractérise par une couleur plus opaque.
Ainsi donc, pour les anciens bâtiments conçus en briques, ci et là sur la façade se trouvent des briques plus sombres que les autres.

Un autre indice réside également dans la méthode de construction. Lorsque la maison était construite en pierre de taille, il était très difficile d’obtenir des pierres de taille de volume identique. Aussi, le maçon délimitait la hauteur à atteindre (par exemple 80 cm) avec les pierres dont il pouvait disposer. Afin que le bâtiment reste droit, il arrangeait les pierres de sorte que celles-ci ne dépassent pas la limite qu’il s’était fixé. C’est pourquoi, il est aisé sur certains bâtiments de répérer ces limites car les joints de maçonnerie constituent une ligne horizontale parfaite qui tranche avec les autres.
Le plus bel exemple de cette méthode à Wartet est celui de la grange de la ferme des Dames.

Pour repérer aisément les anciennes maisons traditionnelles, nous tiendrons donc compte des éléments suivants :

  • Les éléments architecturaux des façades.
  • Le style architectural des fenêtres via leurs linteaux et piédroits.
  • Le matériau de construction (pierre de taille locale ou briques artisanales).
  • La méthode de construction.

N’oublions pas, bien sûr, la localisation de l’habitat sur les cartes de Ferraris de 1774.

 

Des ANCIENNEs habitations BICELLULAIREs

Celles-ci sont les plus nombreuses et étaient la propriété d'ouvriers agricoles dépendant directement d'une exploitation plus vaste.
L'ouvrier agricole, ou journalier, ne possédait pas d'outils importants telle la charrue par exemple, et se contentait d'un petit élevage dont les bêtes allaient paître dans le pré du châtelain ou du pâturage commun.

Rue Notre-Dame du Vivier, 74

Nous distinguons très bien les deux parties du bâtiment datant de la fin du 18e siècle. A gauche, le logis et, à droite, une porte chartil (dont la hauteur ne permettait l’entrée que d’un chariot, d’où son nom).
Le charti est surmonté d’une porte de fenil. Cette maison fut aussi un café au début du 20e siècle.

Rue Bayet, 88

Ce batîment représente l’une des plus anciennes fermettes de la localité. Il s’agit de deux étables d’une maison bicellulaire. Remarquons que les pierres du mur proviennent de la localité. Notons également la présence d’une ancre entre les deux portes.
La partie gauche du batiment fait aussi penser à un ancien atelier de maréchal férrant.

Rue Ardenne, 45
   
Façade avant : on y retrouve les deux cellules, le logis (à gauche) et l’ancienne étable (à droite) avec ses portes d’étable et de fenil. A l’extrême gauche, l’ancienne laiterie. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la cour ne servait pas à entreposer le fumier. Celui-ci était stocké à l’arrière du bâtiment sur une petite cour.
L’arrière du bâtiment ne laisse planer aucun doute quant à la vocation agricole de cette maison. Nous y voyons clairement une porte d’étable (à gauche) et une porte plus petite destinée à renfermer une basse-cour. Toutes les deux sont accompagnées d’une fenêtre d’étable.

Rue aux Ruwales, 9

A l’origine, ce bâtiment constituait une ferme bicellulaire avec son logis et ses deux étables. Actuellement, l’exploitation est restée agricole grâce à des aménagements annexes non visibles sur cette photo.

Rue des Quartiers

Au centre de la photo, nous pouvons distinguer un ancien fenil détaché de l’habitation. La présence d’une cheminée laisse présager qu’il pourrait s’agir d’un four à pain.

Rue des Dix Bonniers, 15

Ce bâtiment offre un bel exemple de transformations. Effectivement, à l’origine, cette ferme ne comprenait que le rez-de-chaussée, prolongé par deux étables. La fenêtre, au centre, n’est en fait que des « restes » d’une porte d’étable. D’ailleurs, les piédroits sont encore visibles. Au dessus de celle-ci se trouvait la porte de fénil, actuellement rebouchée, mais reconnaissable du fait que l’ouverture a été rebouchée par des matériaux différents de l’ensemble. Le bâtiment se prolonge par une autre porte d’étable et une fenêtre, étonnamment volumineuse.
Remarquons également que le dessin des joints de la partie gauche a été modifié par rapport à ceux d’origine, situés à droite.
Une ancre est présente à l’extrême droite de la batisse et au centre.

 

Des ANCIENNEs habitations TRICELLULAIREs

Wartet a conservé trois exemples pratiquement intacts de fermes unifaîtières tricellulaires et même d'une ferme unifaîtière quadricellulaire.
Ces fermes étaient la propriété de manouvriers agricoles qui, en plus d'un petit cheptel, possédaient une charrue. Leur travail peut s'assimiler à celui d'un indépendant. Généralement, ils possédaient des terres parfois accompagnées de vergers. Ils monnayaient ainsi leur travail aux "gros" fermiers locaux.

Rue Rangnet, 55

Ce bâtiment est vraiment exceptionnel tant il a conservé toutes les caractéristiques d'une tricellulaire.
Commençons par décrire le toit : nous pouvons constater la présence de deux cheminées qui délimitent le logis des deux autres cellules.
En analysant la façade du logis, nous pouvons déterminer que son style architectural est un style néo-classique, caractéristique de la première moitié du 19e siècle. Le logis a été agrandi vers la gauche, comme en témoigne la première fenêtre, désaxée par rapport au bâtiment. Cet agrandissement est également visible de par les pierres employées, moins volumineuses par rapport à l'ensemble et par une "ligne" verticale constituée de ciment qui, du seuil de la fenêtre se prolonge vers le bas.
La deuxième cellule, au centre de la photo, est constituée par la porte du chartil, surmontée à sa droite par la porte du fenil. De part et d'autre du chartil se trouvent des ancres, soutenant la charpente du bâtiment et servant de base au plancher devant supporter la paille et le foin.
La troisième unité comprend la fenêtre et la porte de l'étable. En regardant le pignon, sur la partie ombragée de la maison, nous pouvons observer qu'un exhaussement a été opéré, ce qui laisse présager qu'à l'origine le bâtiment, ou du moins les deuxième et troisième cellules, étaient plus basses.

Rue Bayet, 23

Ce bâtiment est le premier rencontré depuis le Château-ferme en direction de Bayet. Le logis se situe à gauche et est délimité par le porche d’entrée, postérieur à la construction d’origine. Ensutie, à droite, se trouve l’étable avec son fenil.
La façade arrière (non visible sur la photo) nous apprend également la présence d’un poulaillier dont l’entrée est exhaussée par rapport au sol afin d’éviter que les poules ne soient les proies de renards en quête de viande fraîche.
Notons également la présence d’une fenêtre d’étable entre la grange et la porte d’érable. Ce qui laisse supposer qu’il y ait eu deux étables avec une seule et même entrée.

Rue Ardenne, 46

Moins évidente à observer en raison de sa proximité avec une autre ferme bicellulaire, cette ancienne ferme présente, elle-aussi, trois cellules.
A l’avant-plan, l’étable avec sa porte d’entrée, sa fenêtre et son fenil. Au centre, la porte de la grange et en arrière-plan, le logis.

Rue Fonds de Wartet, 2 (une exception)
   
Les deux photos nous montrent bien une ferme tricellulaire mais sa particularité par rapport aux autres maisons est que les trois cellules sont séparées. Elle n’est donc pas unifaîtière.
Sur le premier cliché, nous pouvons observer une grange d’une grande dimension. Une poulie au-dessus de la porte du fenil permettait de remonter des gerbes de foin et de paille.
Au sommet du pignon, une petite fenêtre en forme de demi-lune qui n’est autre que l’entrée du pigeonnier.
L’autre photo nous montre deux anciennes étables, possédant également leur petit fenil. Il est incontestable que cette exploitation était importante. Elle n’était donc pas à un manouvrier mais bien à un exploitant propriétaire des terres.
Autre détail intéressant, les Anciens désignent cette ferme sous le nom « li cens di moulin ». Ce nom n’a rien d’étonnant du fait de sa proximité avec le ruisseau d’Hainiau ou plus probablement un moulin à eau était présent dans cette ancienne exploitaition.

 

L’EVOLUTION DE L'HABITAT RURAL

L’habitat ouvrier

Avec l’évolution des technologies et les différentes mutations des activités économiques, l’habitat rural qui pouvait, jusqu’au milieu du 19e siècle, être assimilé à une fonction agricole, va lui aussi changer de fonctionnalité.
L’apparition des usines et industries va profondément changer le rôle de nos habitations. Nous pouvons appeler ce type de maison, « habitat industriel ».

Il s’agit de simples maisonnettes n’excédant pas une, voire deux pièces au maximum, par étage. Celles-ci se localisaient principalement à Hainiau, mais il n’en reste que très peu de traces du fait que celles-ci ont été démolies pour laisser place à l’extension des carrières.
Cet habitat est également très présent au lieu-dit « Les Fonds de Wartet ».

En voici deux exemples :

Rue Là-Haut, 2

Cette maison a été construite à la fin du 18e siècle et fut rehaussée dans les années 1930. Celle-ci est intéressante dans la mesure où elle montre le changement de fonctionnalité dont il est question précédemment.
Effectivement, au fond de la photo, se trouve une ancienne étable à chèvres pour qui les propriétaires louaient des sarts communaux.
Notons aussi que la présence des chèvres n’est pas étrangère aux fortes pentes que présente le relief autour de la maison.

Rue Poncia, 1

Cette maison nous donne un bel exemple de l’habitat ouvrier du début du 20e siècle : deux pièces par étage, relativement étroites. Plus tard apparaîtra l’arrière cuisine, non visible sur cette photo.
Son intérêt principal réside dans la dimension (chaque pièce a une dimension d’environ 3,5m de côté).

 

L’habitat rural moderne

Après la Deuxième Guerre Mondiale, la fonction du village va profondément se modifier du fait de l’évolution d’une économie industrielle à une économie de services.

Effectivement, les habitants ne pouvaient plus vivre des industries locales et des activités agricoles réduites à leur plus simple expression du fait de l’introduction de la mécanisation. Pour les habitants ruraux, leur survie dépendait désormais des emplois que pouvaient leur procurer la ville.
Certains d’entre eux, vont émigrer dans les villes et donner naissance aux banlieues. Ce phénomène se remarque surtout dans les années 1950-65. Cet exode rural des plus jeunes va provoquer une diminution du nombre d’habitants dans les villages, malgré le « baby boom » de l’après guerre.
Ceci va également s’observer à Marche-les-Dames où la commune va « perdre » plus de 100 habitants (en 1947, Marche-les-Dames comptait 1125 habitants et en 1961, 998 habitants).

Pourtant depuis les années 1970, la majorité des villages va connaître un phénomène de « ruralisation ». Ceci signifie que, après l’avoir quitté, certaines personnes vont réintégrer la vie villageoise entrainant avec eux des habitants réputés « urbains ». Nous expliquons ceci par le fait que les villes vont rapidement s’accroitre et n’offriront plus toutes les mesures de sécurité voulues.

Ce nouvel exode peut s’expliquer aussi par le fait d’une population qui sans cesse s’accroit et, bien sur, par le fait que le niveau de vie augmentant considérablement, tout un chacun pourra se procurer l’outil indispensable pour se déplacer : la voiture.
La ruralisation est surtout spectaculaire dans des villages comme Boninne, Vezin, Champion, Vedrin, Wépion et Flawinne, par exemple. Elle connaît un effet moindre à Wartet et à Beez mais est néanmoins en passe de modifier considérablement l’aménagement du village.
Ce phénomène récent peut s’observer à Wartet et commencera par le quartier « Fonds des Maréchaux » et son extension à la rue de Pontaillier. Puis, la rue de Gelbressée et le quartier des Dix-Bonniers qui connaissent un développement important.

Rue de Pontailler

Construite à la fin des années 60, ce quartier est typique du phénomène de la ruralisation récente à Marche-les-Dames. Notons que la majorité de ces habitations sont délimitées par des haies. Ce qui correspond à une tendance de se « renfermer » afin de créer un plus grand espace d’intimité.

Rue de Gelbressée, 27

Cette maison reflète à merveille l’architecture moderne et fut construite en 1994. La rue de Gelbressée connaît un développement important qui a commencé à la fin des années 1980.
Le garage symbolise l’évolution de la fonctionnalité de l’habitat rural car, si cette maison avait été construite un siècle plus tôt, nous aurions plutôt commenté une ancienne étable ou une porte de chartil.


Source : brochure - Le patrimoine rural de Wartet et de Marche-les-Dames, Laurent Aidans, 1996, Les Amis de Marche-les-Dames et Wartet.

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